Toute ma vie je n'ai fait qu'attendre cet instant, celui ou enfin, l'on m'habillerais de cette longue robe blanche. Ce fourreau de grande marque me faisant fantasmer par sa finesse, sa perfection. Je savais qu'elle serait parfaitement adaptée a ma silhouette de dame et je pensais qu'avec elle plus personne ne pourrait l'ignorer.
Dame, c'est ce que je suis, ce que j'étais. Ce que devait témoigner cette toilette.
Elle devait inviter aux louanges, à l'affection, à la passion, a la caresse ultime.
Mais voilà, depuis que je l'ai revêtue, cette enveloppe n'attire à moi que haine et huées.
Moi qui par elle ne souhaitait que plaire, me voilà accusée de tous les maux:
On me suspecte, me soupçonnes « dangereuse », on me reproche « addictive »,
on m'accuse: « Meurtrière! »
Pourtant je n'ai rien fait d'autre qu'appeler aux baisers et à la consumation par un feu dévorant.
Pour dévorant, ca, le feu le fût, c'est bien la seule chose qui fût respectée.
Je me suis consumée. Sans que l'on m'aime, embrassée du bout des lèvres, serrée sans douceur.
Sans amour, simplement avec impatience, pour faire passer un manque...
Et me voilà, pleurant mes rêves perdus, ma toilette consumée comme tout mon être.
Seul restant de la grandeur qui aurait du être mienne, la marque du fourreau tant rêvé,
gisant au beau milieu de mes cendres: Royal Tobbaco.

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